COP et accords climatiques: ce qu'il faut vraiment en retenir

COP et accords climatiques: ce qu'il faut vraiment en retenir

La mécanique des négociations climatiques

La Conférence des Parties (COP) est l'organe décisionnel de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), signée à Rio en 1992. Elle rassemble chaque année les représentants de 196 pays pour négocier les actions collectives face au changement climatique.

Cette mécanique est à la fois indispensable et frustrante. Indispensable, parce qu'il n'existe pas d'autre enceinte internationale capable de mobiliser simultanément autant d'États sur des engagements contraignants. Frustrante, parce que les règles de consensus donnent à chaque pays un droit de blocage de facto, et que les intérêts économiques à court terme pèsent lourd dans les délégations nationales.

L'Accord de Paris: ce qu'il dit vraiment

Adopté à la COP21 en décembre 2015, l'Accord de Paris est souvent présenté comme un tournant historique. Il l'est, à certains égards. C'est le premier accord climatique à engager tous les pays (et non seulement les pays développés, comme le Protocole de Kyoto). Il fixe l'objectif de limiter le réchauffement global à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, ou à défaut bien en dessous de 2°C.

Mais il comporte une limite fondamentale: les engagements nationaux (CDN - Contributions déterminées au niveau national) sont volontaires et non contraignants. Le mécanisme de révision tous les cinq ans est censé créer une dynamique de renforcement progressif, mais rien n'oblige un État à aller plus loin que ses promesses initiales.

Le bilan des COP récentes

  • COP26 (Glasgow, 2021): engagement sur la réduction progressive du charbon, premier texte mentionnant explicitement les combustibles fossiles dans les conclusions d'une COP.
  • COP27 (Charm el-Cheikh, 2022): création d'un fonds "pertes et préjudices" pour les pays les plus vulnérables. Peu d'avancées sur la réduction des émissions.
  • COP28 (Dubaï, 2023): accord historique sur la "transition hors des combustibles fossiles", premier texte à mentionner la sortie des énergies fossiles. Critiqué pour son manque d'ambition sur les délais.

Les critiques légitimes

Les critiques adressées aux COP sont nombreuses et souvent fondées:

  • Le "carnaval climatique": des milliers de délégués qui prennent l'avion pour négocier des textes dont l'impact réel est difficile à mesurer.
  • La présence massive de lobbyistes des industries fossiles, acceptée dans les délégations nationales.
  • L'écart croissant entre les engagements et les trajectoires d'émissions réelles.
  • La focalisation sur les objectifs 2050 au détriment des actions immédiates.

Pourquoi continuer à s'y intéresser

Malgré ces limites, les COP restent des espaces politiques importants. Elles fixent des normes, créent des coalitions, et rendent publics des engagements sur lesquels les gouvernements peuvent être tenus responsables. L'accord sur les pertes et préjudices obtenu à la COP27 n'aurait pas existé sans vingt ans de négociations patientes des petits États insulaires.

Pour approfondir les politiques européennes qui découlent de ces accords, lisez notre dossier sur la politique environnementale en Europe. Et pour comprendre comment l'action collective locale complète ces négociations mondiales, consultez notre page sur la transition écologique citoyenne.

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Portrait de Clara Fabla
Rédigé par Clara Fabla

Rédactrice spécialisée écologie politique et démocratie participative

Clara Fontaine suit depuis plus de dix ans les mouvements écologistes et les initiatives démocratiques en France et en Europe. Elle analyse les politiques environnementales, les mobilisations citoyennes et les contradictions du système.